Cyesm : je l’ai interviewé samedi soir au Mans, après son concert au Barouf – Click Hop n°12

Ça faisait longtemps vous l’attendiez tous : c’est la douzième édition de l’émission Click Hop.

En prime : une interview exclusive de l’artiste Cyesm, réalisée le samedi 24 nov 2018 après son concert au Barouf, au Mans.

N’hésitez pas à partager et… enjoy!

Transcription de l’interview

-J’ai demandé à Cyesm de se présenter pour nous histoire de savoir comment cette aventure musicale à commencée:

-Alors je produit et je compose de la musique electronique depuis 1998, 2000 en gros et c’est une aventure qui à commencée sur un ordinateur, un pc avec un logiciel qui s’appellait je crois magic music maker 2000, puisqu’à l’époque tout ce qui s’appellait 2000 c’était forcément futuriste, 2000 c’était quelque chose qui était dans le futur, c’était un petit tracker avec de boucles déjà préfaites et qui permettait de structurer et de construire un morceau assez facilement et ça m’a tout de suite beaucoup plu.

-Je sais pas si je me cache derrière le pseudonyme de Cyesm, c’est un nom que j’ai choisi un peu par hasard quand j’étais encore ado qui veut pas dire grand chose à vrai dire je crois que j’aimais ce que représentaient les lettres voilà Cyesm écrit je trouvait ça joli, je sais pas, il y a quelque chose qui me semblait équilibré, et ça m’a suivi après c’est pas le nom le plus facile à retenir, ni à prononcer d’ailleurs mais je m’y suis fait je crois.

Cyesm est donc très vite à l’aise avec cette forme d’expression, il étoffe son savoir faire auprès d’instrumentistes de tous genres, officiant au sein de différents groupes qui l’emmènent du funk à l’expérimental, en passant par la folk ou le dub. Je lui ai demandé ce que ses expériences dans des groupes lui avait apporté:

-Alors j’ai joué, j’ai commencé dans des groupes en vrai, donc j’ai acheté mes premières machines, pour faire un peu l’histoire j’ai commencé sur un ordinateur, j’ai ensuite acheté mes premières machines à 16 ans j’ai travaillé l’été dans une usine ou travaillait mon père et ça m’a permis de m’offrir mes premières machines et j’ai rejoint un groupe
et je crois que ça à été… Jouer en groupe c’est très formateur en tout cas pour commencer, particulièrement en musique électronique ou finalement c’est souvent soit des activités seul, soit avec une autre personne aux machines et il y a quelque chose dans le groupe tant dans la notion sociale du groupe que dans l’apprentissage d’autres regards sur une musique, puisqu’un bassiste n’appréhende pas la musique de la même manière qu’un guitariste ou un chanteur, ou qu’une personne aux machines comme moi donc ça à été très enrichissant et par la suite j’ai eu la chance de travailler avec d’autres gens, je troue que c’est une chance d’intégrer un groupe. Je pense par exemple à driving static motion ou je peux mettre mon savoir faire et mes compétences au regard de quelqu’un d’autre ou d’autres personnes au pluriel et je trouve ça extrêmement enrichissant. C’est une activité que j’aime beaucoup.

-Mais c’est en studio que Cyesm semble trouver sa liberté, le compositeur prolifique enchaîne les sorties d’albums visitant le trip hop et l’électro sans trop se soucier des genres. Il aime s’entourer d’artistes de divers horizons qui l’accompagnent volontiers en studio et sur scène. Je lui si demandé en quoi le studio était important pour lui et ce qu’il recherche dans le studio et dans la composition.

-Alors pour moi le studio c’est un peu la pratique musicale principale c’est à dire que je trouve… Si je devais définir les choses je dirai le studio c’est mon instrument en fait.C’est un endroit ou je peux enregistrer la matière, la détruire, la réenregistrer, la découper, la modeler, l’âbimer, la refaire, euh c’est là ou tout est possible pour moi aussi c’est à dire que c’est le lieu et le terrain de jeu par excellence c’est vraiment le… Pour moi c’est la pratique la plus privilégiée de la musique, c’est le studio.

-Alors quand je compose en fait je peux chercher différentes choses, je peux être dans une expression de sentiments, de ressentis d’émotion pure sans trop intellectualiser les choses. Je peux aussi chercher à démontrer, dire, observer, faire réfléchir, j’essaie d’avoir… Étonnamment j’écris peu de paroles mais j’essaie d’avoir un regard assez politique avec ma musique dans la façon de la faire, dans la façon de la commercialiser, et aussi dans le sens que je met dans mes morceaux, et je crois que ce que j’essaie d’obtenir c’est du vivant, du sens. Je crois que c’est ça, j’essaie de faire en sorte que quand quelqu’un par chance pour moi, quand quelqu’un tombe sur ma musique, je veux que ça lui fasse ressentir quelque chose, même de l’ennui en fait, mais au moins ressentir quelque chose, il n’y a rien de pire que laisser froid, la musique qu’on peut écouter en buvant l’apéritif c’est quelque chose qui m’angoisse je crois.

Son travail mêle sonorités électroniques et acoustiques dans le but de créer des atmosphères riches en image aussi bien narratives que contemplatives. Chacun de ses albums propose un voyage singulier et sensible ou l’oreille de l’auditeur est invitée à se faire surprendre. On y retrouve aussi bien des rythmes agressifs qui s’entoure aussi bien d’un orchestre que d’une panoplie de synthétiseurs ou de voix. Ses productions sont soignées et transpirent la patte du compositeur, il en résulte une musique hybride ou le sensible et l’énergie semblent s’affranchir de toutes les règles. Je laisse ici Cyesm nous parler de ses influences musicales.

-Alors dans mes influences musicales c’est très large, alors évidemment j’ai des coups de cœur, j’ai grandi avec Nick Cave and the bad seeds par exemple euh… Bjork, Massive Attack, Portishead évidemment en tout cas ce sont les meneurs du troupeau trip hop si je peux dire les choses comme ça.Amon Tobin, beaucoup de hip hop aussi, hip hop plutôt underground euh… Beaucoup de musique classique, beaucoup de jazz, en fait j’ai eu une éducation musicale assez large, en fait j’ai rencontré le medecin de mon village quand j’étais vraiment jeune, je devais avoir 10 12 ans qui est un passionné de musique qui avait une discothèque rêvée, énormément de cd, et il m’a vraiment laissé pioché dedans à ma guise, il m’a beaucoup orienté en me disant bah si tu aime ça peut être tu pourrais découvrir ça etc…C’était avant internet ce que je raconte pour mettre les choses en perspectives ce que je raconte aujourd’hui ça n’a plus beaucoup de sens mais à l’époque cet accès à la culture et à la musique c’était pas donné à tous c’était un vrai enjeu, et je sais que cet homme Olivier que je vais saluer au passage a vraiment été important dans ma culture musicale, et je pioche encore aujourd’hui dedans au quotidien.

Dans la musique de Cyesm on retrouve souvent un côté plus sombre et je lui ai demandé d’ou venait la noirceur de certains de ses morceaux.

-Alors je crois pas que je fasse volontairement du sombre, j’ai pas toujours l’impression de faire du sombre comme je te le disais tout à l’heure, j’essaie d’être dans les émotions, et j’ai l’impression que quand on renvoie les gens aux émotions c’est tout de suite un peu du côté du négatif.C’est tout de suite de la nostalgie. J’ai pas l’impression ,moi, de faire du sombre, alors si il ya des choses que je fais dont j’ai conscience de la noirceur, mais globalement j’essaie plutôt de faire quelque chose qui fasse ressentir et je crois que je suis pas forcément responsable si les gens derrière ressentent de la noirceur et j’espère que du coup ça à un côté cathartique que ça les libère de quelque chose, je crois qu’il y a une vraie possibilité de…En tout cas personnellement quand j’écoute de la musique triste ça me décharge de quelque chose qui me permet d’être heureux et d’ailleurs au quotidien je me considère plutôt comme quelqu’un d’heureux et donc peut être que ma musique sert de décharge à tout ça.

-Cyesm à toujours été là ou on ne l’y attendait pas sur un de ces premiers albums Tricks and stuff on peut ressentir des influences très variées du trip hop du rock, de l’IDM voire du breakbeat et de l’électro expérimental. Laissons le compositeur nous parler de cette diversité

-Alors oui particulièrement sur Tricks and stuff qui était, c’était un peu le concept de cet album de mettre toutes mes influences et j’avais l’impression qu’il fallait que j’essaie plein de choses dans tout les genres et que j’avais envie de sortir… Je crois que c’est une époque ou il fallait que les albums soient tous dans une même couleur, dans une même veine, et qu’en fait j’écoutais d’un côté des albums très solides comme ça et j’avais beaucoup d’affection pour les compilations et les mix, et je me disais tiens c’est marrant peut être qu’au sein d’un même album on peut voir comment confronter tout ces styles et que peut être ça va même ressembler à un album.Je crois qu’il y avait des curiosités de cet ordre là.Et c’est en même temps très à l’image de ce que j’écoute au quotidien c’est à dire que j’écoute beaucoup de choses, je crois qu’il ressort beaucoup de choses j’aime expérimenter et essayer plein de trucs, et j’espère que ça me poursuit un peu après je crois que je fais des albums un peu plus groupés autour d’un même concept aujourd’hui, mais je veux me laisser cette liberté de faire un espèce de fourre tout à un moment qui est un vrai espace de liberté, de création.

-Le compositeur Cyesm est également producteur et il va jusqu’au bout de sa démarche puisqu’il a crée le label good citizen factory, je lui ai posé la question du pourquoi de ce label

-Donc Good Citizen factory que j’ai monté avec David Doze, Doze Wenji et puis quelques autres compères à l’époque le but c’était d’avoir une structure qui me permette de sortir mes propres productions, les productions également de Doze Wenji et de la petite bande de potes qu’on était à l’époque.Assez vite c’est devenu une vraie source d’indépendance, c’est à dire que commercialiser sa musique c’est un parcours compliqué euh, très conservateur, ce sont de vieux codes qui sont utilisés nous on arrivait avec internet et on sentait bien que tout était en train d’être chamboulé et bousculé et on avait envie d’être assez libre dans nos choix et ça permettait plein de choses, ça permettait donc de sortir les choses, d’avoir des relations commerciales contractuelles avec des grands ce qui un moment était important pour être présent sur internet euh ça nous permettait de garder le contrôle total sur ce qui se passait sur nos musiques.Et ça nous a permis de changer, d’inverser la vapeur, après je sais pas si c’est très intéressant ce que je vais raconter là mais en gros quand on sort un disque sur un réseau traditionnel l’artiste touche entre 7 à 10 pour cent de la vente d’un disque prix net, hors taxe, ça veut dire que c’est 10% de 7 euros parfois, donc ça veut dire que l’artiste touche 70 centimes d’un cd vendu c’est quand même son travail son oeuvre.Je crois que ça nous paraissait choquant à l’époque, donc on a mis en place un autre modèle économique qui permettait aux artistes d’être dans une certaine forme de coproduction et de repartir avec la grosse partie du gâteau.Ca dépend après de qui gérait le travail qui faisait quoi au moment ou on produisait cette musique mais euh il y a des artistes qui repartent avec 70% de la vente du disque et c’était important pour nous de rendre le travail à ceux qui l’ont fait.

En tant que producteur et comme on l’à déjà dit amateur de studio, l’artiste à monté son propre studio et j’avais envie d’en savoir un petit peu plus.

-Alors Head Sign c’est mon studio privé en fait, que je met à disposition en fait pas tant que ça dans l’année je sais pas en tout cas ça arrive trois quatre fois que j’enregistre d’autres groupes, des groupes qui viennent me chercher aussi parce que je dit pas oui à tout le monde ça me permet de rencontrer d’autres gens de nourrir une autre façon d’écrire la musique et d’apporter moi mes compétences et mon savoir faire de producteur à ces gens mais c’est aussi là ou je compose de la musique à l’image qui est une partie de mon activité musicale.

-Le dernier album de Cyesm s’intitule minorities et on y retrouve un son plus orchestral presque cinématique avec beaucoup de cordes, des violoncelles, des sections de corde, j’avais envie qu’il me parle un peu de la teneur de cet album et de ce qui l’avait influencé

-Alors Minorities qui vient après un petit EP qui est resté longtemps en ligne qui s’appellait Bristol, j’ai fait un petit séjour à Bristol l’hiver dernier, je crois que je voulais aller aux sources quelque part aux racines, c’était une sorte de pélerinage pour moi.C’est de là que vient Massive Attack, Portishead euh Smith and Mighty je crois enfin je suis pas sur Smith and Mighty mais il y à vraiment un courant musical lié au trip hop fort qui vient de Bristol ça me paraissait important d’y aller.Et j’avais envie de faire quelque chose qui rappellait les racines du trip hop, les grandes fondations, le premier album d’archive, Lamb, j’avais envie de reconnecter avec la grande époque du trip hop, la fin des années 90 là ou je trouve il y avait une créativité assez folle et on avait moins peur d’une musique peut être grandiloquente.

Cyesm produit de la musique electronique assez organique mais à l’écoute on retrouve beaucoup de synthétiseurs laissons le parler de ce que c’est que la musique electronique et la place que prennent ces synthétiseurs.

-Alors j’ai toujours du mal à définir en quantité j’ai envie de dire est-ce que c’est de la musique électronique, est-ce que c’est de la musique orchestrale euh une partie de mon travail repose sur ces sources.Ca peut m’arriver d’écouter en toute honnêteté un passage et quelques années après ne plus me souvenir si c’est des cordes, un synthé, un mélange de cordes ou de synthétiseurs, des samples de cordes eu j’aime que la source de la matière disparaisse un peu qu’on arrête de se poser la question de savoir si c’est un synthé ou une guitare trafiquée.Ca fait partie de ma recherche, j’ai toujours trouvé la classification de musique électronique un peu étrange, on parle pas de musique à guitare, l’électronique c’est juste une façon de fixer c’est un support, euh j’ai conscience que c’est devenu une école mais moi l’électronique me ramène à des choses ou le kick est très présent des choses un peu 4/4 techno ou boite de nuit, je crois que ça me renverrai plus à ça donc je me suis jamais senti d’école electronique et en même temps je vois bien que j’ai un usage récurrent et régulier des synthétiseurs donc euh je crois que j’ai jamais conçu le monde comme ça, musiqueacoustique et musique electronique donc je me refuse rien en fait.Si j’entends, ce que j’entends à ce moment là, je le fais j’essaie de pas me censurer ou de me mettre trop de contraintes autour de ça.

Sur cet album Cyesm n’est pas seul il à entamé une série de collaborations avec différents artistes et il va nous en dire un peu plus sur ces collaborations.

-Alors sur ce dernier album j’ai eu la chance de collaborer avec Ineige par exemple une jeune chanteuse qui vient du mans que j’ai découvert d’ailleurs par les réseaux sociaux.J’ai également pu travailler avec FMR2Mars qui est un dj au sens scratch, hip hop du terme qui vit dans le sud et qui est…J’aime ces rencontres en fait, il y a également Jérémy Noel que je vais citer, j’aime ces rencontres, ces rencontres musicales d’ailleurs, ce sont souvent des gens que je ne rencontrent pas euh dans le monde réel si je peux dire les choses ainsi on se rencontre autour d’une oeuvre autour d’un travail et je trouve toujours ça très enrichissant, c’est un défi à chaque fois parce que c’est faire confiance à des gens, des gens qui nous font confiance, on sait pas ou ça va euh…c’est du temps, il faut beaucoup de temps, il faut courir après les gens, les choses eu recruter entre guillemet, mais je trouve que c’est toujours un enrichissement ça amène toujours mon travail dans des endroits ou je n’aurai pas pu aller seul

-Ce qui surprend beaucoup quand on écoute Cyesm c’est qu’il à un sens de la composition et de l’harmonie bien défini.Je me suis posé la question de savoir si il avait une formation musicale

-Alors je n’ai ni formation musicale au sens propre, ni cours de composition mais je fais maintenant depuis quelques années je cherche, je fouille, je crois qu’il y a peu de jours ou je n’essaie pas des choses au piano ou à la guitare ou dans ma tête d’ailleurs euh je crois que ça s’affine avec le temps, je crois que mes recherches sont différentes, il y a quelques années j’était plus intéressé par la matière sonore, une seule boucle pouvait être entêtante, je crois que je suis effectivement plus dans une période ou peut être que l’écriture harmonique est plus riche ou peut être plus conventionnelle plutôt que plus riche,mais peut être que le prochain album il y aura juste un son de basse et une batterie je crois que…Pour l’instant voilà l’évolution m’entraîne ici mais je ne saurai dire de quoi demain sera fait.

Parmi les différents albums de Cyesm il y en a un qui a attiré mon attention c’est l’album « the man from taured ».Dans cet album l’artiste explore le domaine du paranormal et je voulais savoir ce qui l’attirait dans cette thématique

-Alors le paranormal n’est pas en soi un domaine qui m’est cher ce que j’aime dans le paranormal c’est cette capacité qu’ont ces histoires un quart de secondes à faire reconsidérer sa vision qu’on a du monde c’est à dire que si pendant un quart de secondes on arrive à imaginer qu’il y a un monde parrallèle avec d’autres gens qui sont en train de vivre au même temps que nous quelque chose ailleurs différemment en général chez moi c’est très court, parce queje me dis c’est faux j’ai quelque chose de très rationnel qui prend le desssus, mais euh ce court instant ou tout devient possible finalement, je crois que c’est ce que j’essaie de faire avec ma musique, c’est à dire que si j’arrive à un moment à faire reconsidérer aux gens leur vision de quelque chose ni en mieux, ni en moins bien c’est pas qualitatif, c’est cette capacité à remettre en question ce qu’on prends pour acquis je trouve que c’est une richesse et le paranormal à cette capacité à faire vite comprendre cette notion de ah oui tiens cette histoire un quart de secondes me propulse dans une autre conception du monde que jusqu’ici je pensais inébranlable.

-L’énergie de cet artiste Cyesm se dégage de manière plus importante en live ou il excelle à restituer son matériau sonore, j’avais envie qu’il me parle un peu de son matériel utilisé en live.

-Alors en live j’utilise mon ordinateur qui me suit un peu partout c’est mon ami de tous les jours l’ordinateur euh, c’est une config assez simple, une carte son, un clavier maître un contrôleur pour live, logiciel que je pense tout le monde utilise en live euh, j’ai rien de …J’essaie d’être léger, j’essaie de voyager léger, je me dis que j’ai pas besoin de beaucoup de matériel en live pour m’exprimer, je crois que j’essaie d’aller à l’essentiel pour amener un côté peut être un peu plus brut un peu plus rugueux à mon travail

-La musique de Cyesm est assez organique,nous avons déjà parlé de sa capacité à produire de la musique au quotidien en s’affranchissant du matériel, j’ai cherché à savoir si il jouait d’instruments acoustiques sur ses compositions.

-Alors je joue mal d’un peu tout je crois que ça peut résumer je joue un peu mal du piano, je joue un peu mal de la batterie, je joue un peu mal de la basse un peu mal de la guitare, un peu mal du violon un peu mal de la hotte de cuisine, ça m’arrive de faire du son en tapant sur des hottes de cuisine, du polystyrène de la vitre de mon studio mais il y a aucun instrument sur lequel ça serait pas pénible pour les gens de m’écouter pendant une demie heure.

-Cyesm à réussi à obtenir une certaine notoriété dans le milieu du trip hop français y compris à l’international ou sa musique est connue et reconnue.Qu’en est-il de sa vision de la scène hip hop française?

-Alors pour être parfaitement honnête, je crois que je ne perçois pas la scène hip hop française actuelle, ce n’est pas que je veuille pas.Je n’ai plus de gens dans mon entourage suffisamment à la pointe pour me faire partager les découvertes et les choses qui se font bien, j’aime les choses indépendantes, enfin c’est pas parce qu’elles sont indépendantes que je les aime bien mais ce qui fait qu’une musique marche c’est un peu rédhibitoire pour moi que ce soit l’absence de thème ou des choses trop bateau, donc j’ai du mal à être ému ou intéressé par plein de choses en fait et ça fait longtemps qu’on m’a pas filé un album de hip hop français et ou je me suis dit ouah! ça c’est un sacré travail, il y en a eu hein, mais là ça fait quelque temps que c’est pas arrivé, je ne dis pas qu’il se fait rien, je dis que malheureusement j’ai plus accès à ces choses.

Quand on parle hip hop on pense tout de suite à l’underground on pense à cette période des années 90 ou on utilisait principalement des machines, des samplers tels que la MPC.C’était la grande époque du sampling de vinyl, de nos jours l’informatique à révolutionné la manière de faire de la musique electronique avec tous les vst et les instrumentss virtuels dont on peut disposer je lui ai demandé si ces anciennes méthodes étaient toujours d’actualité.

Alors je crois que l’utilisation de méthodes comme la MPC , le sampling de vinyl je crois pas que ce soit has been, si c’est important pour la personne qui fabrique la musique d’utiliser ces outils je crois que c’est là que se joue la différence.Personnellement j’essaie de ne jamais m’arrêter au matériel c’est à dire que finalement tout est un prétexte à faire de la musique ça peut m’arriver des choses avec un simple enregistreur de téléphone portable et de faire du surcouchage si j’ai besoin à ce moment là de faire quelque chose j’ai essayé de pas me faire trop arrêter par le matériel, c’est la démarche qui est importante je crois, c’est à dire que finalement quand on à une démarche quelque soit l’outil on s’adapte, et comme pour moi c’est dire et faire qui est important, l’outil à toujours été secondaire.

Cyesm à on l’a dit une certaine notoriété et une certaine visibilité, je lui ai demandé quels étaient ses projets pour la suite notamment en terme de concerts.

Côté concert, je n’ia pas d’autres dates là mais les choses se font assez vite dans cette direction, je manque de temps pour organiser tout ça, pour trouver des concerts c’est une bataille, vraiment je crois qu’il faut que les gens comprennent ça c’est une bataille, il y a beaucoup de groupes il y a pas énormément de lieux, c’est en général très mal payé, et que je suis comme les autres faut que je paye mon loyer et ma nourriture et c’est vraiment un combat qui se joue et qui se gagne à grand renfort de popularité.Et je pense que si il y a un domaine ou la popularité est un problème c’est la culture, ce n’est pas, le fait que ce soit connu ou pas à vraiment intrinsèquement aucune valeur ajoutée, n’ajoute aucune valeur ajoutée à une oeuvre, et c’est vraiment une bataille aujourd’hui les concerts que quand j’ai un peu de temps j’essaie de mener mais il y a aussi des personnes qui viennent à moi, heureusement ça me permet d’en faire quelqu’unes aussi mais c’est un combat qui est pas forcément le mien parce que j’ai pas… structurellement c’est pas là ou j’existe le plus. C’est pas là ou je suis le plus fort je crois, en tout cas mon plaisir est avant tout en studio j’aime enregistrer des albums et les proposer aux gens.Donc c’est toujours une question ouverte chez moi, le live il y a quelques années je n’en faisais plus, là j’ai repris la scène avec grand plaisir, mais c’est un milieu très difficile au delà de l’aspect compétitif des choses c’est vraiment faut vraiment comprendre, on peut rouler 8 heures, jouer à une heure, attendre une journée entière avant de jouer devant 55 personne de devoir dormir sur place de rentrer le lendemain, on est immobilisé pendant deux jours ça peut être une belle aventure mais ça peut être aussi quelque chose d’assez douloureux.

Lors de cette soirée ou j’ai rencontré Cyesm, il n’était pas tout seul sur scène, en effet un batteur l’accompagnait ajoutant une certaine pêche au live, mais qu’apporte cette collaboration à l’artiste?

Alors jouer avec des instruments sur scène, autre que ce que je propose moi, ce soir avec Bruce Mich à la batterie, parfois Clélia Vega nous accompagne au violon alto et à la voix euh j’aimerai incorporer rapidement un guitariste, pourquoi pas un bassiste, ça me permet d’exprimer autre choseje crois dans ma musique c’est à dire que je l’écris beaucoup seul,je la compose beaucoup seul, je la produit beaucoup seul, ce regard extérieur finalement c’est des gens qui jouent le jeu, ce regard extérieur finalement, c’est des gens qui acceptent de jouer le jeu qui acceptent d’aller là ou j’ai envie de les mener en tout cas.Et ça me permet d’explorer des nouvelles choses…comme les collaborations ça ouvre mon univers vers des choses ou moi je ne peux pas aller puisque je suis limité, je ne suis que ce que je suis.L’autre est toujours…l’autre est toujours une richesse je crois que si on avait ça en tête on aurait beaucoup moins de problème autour des minorités, autour de l’immigration, l’autre est une richesse c’est vraiment une belle phrase à s’entendre dire

L’autre est une richesse et c’est sur cette phrase qu’on va terminer cette interview, on s’approche doucement de la fin de cette émission et j’avais envie de vous proposer un titre phare extrait du dernier album de Cyesm le morceau c’est stronger.








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